La lettre de l’inSHS consacre le dossier de son dernier numéro aux environnements et aux paysages sonores, avec notamment une présentation du réseau SON:S (N° 68 / novembre 2020).

À n’en pas douter, une « sensibilité acoustique » traverse aujourd’hui un large spectre des sciences humaines et sociales, non seulement en anthropologie, en histoire, en archéologie, en géographie ou en sociologie, mais aussi en littérature, en histoire de l’art, en études théâtrales, etc. Ces disciplines ont intégré la dimension sonore à des moments différenciés et selon des protocoles variés. L’on songe par exemple à la manière dont la musicologie, longtemps centrée sur l’étude des partitions, a peu à peu investi le son, les dispositifs d’écoute, voire le bruit, comme des objets, des terrains et des questionnements qu’elle avait de prime abord négligés et laissés aux ethnomusicologues. Chez les historiens, l’ouverture au sensible et au sensoriel est également assez récente. Si Lucien Febvre pressentait déjà en 1942 qu’« il y aurait une suite d’études captivantes à entreprendre sur le support sensible de la pensée aux diverses époques », il a fallu attendre la parution en 1994 des Cloches de la terre : paysage sonore et culture sensible dans les campagnes au xixe siècle d’Alain Corbin, pour que le sonore s’invite sur l’établi des chercheurs en sciences humaines et sociales. C’est en ce sens qu’on a pu parler d’un « tournant acoustique » (Acoustic turn) de l’historiographie, la perception sonore étant désormais interrogée au travers de sources revisitées — archéologie, iconographie, textes littéraires… — et d’approches plurielles — enquêtes ethnographiques, promenades sonores (soundwalks)… —, dans ses dimensions aussi bien sensibles et culturelles que sociales et politiques, depuis les rives de la Méditerranée antique jusqu’aux grandes mégalopoles contemporaines, en passant par l’étude du silence dans l’art médiéval. Lire la suite.

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